Une tique n’est pas qu’un parasite gênant : c’est un vecteur de maladies parfois mortelles. Voici ce qu’elle peut transmettre à votre chien ou votre chat, comment la retirer correctement et quels signes surveiller après une piqûre.
Les maladies transmises par les tiques
Quand une tique se fixe sur la peau, elle reste accrochée plusieurs jours pour se nourrir de sang. C’est pendant ce repas qu’elle peut inoculer des agents pathogènes. Les principales maladies vectorielles chez le chien sont :
- La piroplasmose (babésiose) : c’est la plus fréquente et la plus grave en France. Le parasite détruit les globules rouges. Les premiers signes apparaissent souvent 2 à 3 jours après la piqûre : abattement brutal, forte fièvre, refus de manger et surtout des urines foncées, couleur thé ou café. Sans traitement rapide, elle peut être mortelle.
- La maladie de Lyme (borréliose) : transmise par la tique Ixodes, elle provoque fièvre, fatigue et surtout des boiteries qui changent de patte, liées à une inflammation des articulations. Les signes peuvent apparaître plusieurs semaines après la piqûre.
- L’ehrlichiose : plus discrète, elle peut entraîner fièvre, saignements de nez, ganglions gonflés et abattement, parfois longtemps après l’infection.
Le chat est beaucoup moins touché que le chien par ces maladies, mais il n’est pas totalement épargné et peut servir de « taxi » pour ramener des tiques à la maison.
Une précision utile pour éviter la confusion : la leishmaniose, souvent citée à côté de ces maladies, n’est pas transmise par les tiques mais par un petit moucheron, le phlébotome, présent surtout dans le sud de la France. La protection n’est donc pas la même.
Comment retirer une tique correctement
Plus une tique reste fixée longtemps, plus le risque de transmission augmente. Il faut donc la retirer dès que vous la repérez, mais sans précipitation et avec la bonne méthode :
- Utilisez un crochet à tiques (vendu en pharmacie ou chez votre vétérinaire), pas une pince à épiler qui risque d’écraser le parasite.
- Glissez le crochet sous la tique, au plus près de la peau.
- Tournez doucement comme pour dévisser, sans tirer d’un coup. La tique se détache entière, rostre compris.
- Désinfectez la zone et lavez-vous les mains.
À ne surtout pas faire : appliquer de l’éther, de l’alcool ou de l’huile pour « endormir » la tique. Stressée, elle régurgite et augmente le risque de transmission. Ne tirez pas non plus avec les ongles : si la tête reste plantée, elle peut provoquer un petit abcès local.
Quels signes surveiller après une piqûre ?
Une fois la tique retirée, ne baissez pas la garde. Notez la date dans un coin de votre tête et surveillez votre animal pendant les trois semaines qui suivent. Consultez sans attendre si vous observez :
- un abattement soudain ou une grande fatigue ;
- une perte d’appétit ;
- de la fièvre (l’animal est chaud, cherche le frais) ;
- des urines anormalement foncées ;
- une boiterie qui apparaît ou se déplace d’une patte à l’autre.
La piroplasmose en particulier évolue vite : devant des urines foncées et un chien abattu, il s’agit d’une situation à traiter en urgence. En cas de doute, mieux vaut appeler : savoir reconnaître les signes d’urgence vétérinaire peut faire gagner un temps précieux.
La prévention, bien plus efficace que le traitement
Aucun traitement curatif ne vaut une bonne prévention. La protection repose d’abord sur un antiparasitaire externe efficace et renouvelé à la bonne fréquence (pipette, comprimé ou collier), surtout du printemps à l’automne, période où les tiques sont les plus actives. Le bon produit dépend de votre animal et de son mode de vie : nous détaillons les options dans notre guide antiparasitaire chien et chat.
À cela s’ajoutent deux réflexes simples : inspecter le pelage après chaque promenade en herbes hautes, forêt ou broussailles (en insistant sur la tête, les oreilles, le cou et entre les doigts), et retirer immédiatement toute tique trouvée.
Pour la piroplasmose, il existe par ailleurs un vaccin, qui n’empêche pas l’infection mais limite la gravité de la maladie. Il est surtout conseillé pour les chiens très exposés (chasse, randonnée, régions à forte densité de tiques). Il ne remplace jamais l’antiparasitaire : les deux se complètent.
Où et quand votre animal attrape-t-il des tiques ?
Connaître les habitudes de la tique aide à mieux protéger son animal. Contrairement à une idée reçue, la tique ne « saute » pas et ne tombe pas des arbres : elle se tient en embuscade au bout d’un brin d’herbe, pattes tendues, et s’accroche au passage d’un animal. Les zones à risque sont donc les herbes hautes, les lisières de forêt, les broussailles et les sous-bois humides, mais aussi, de plus en plus, les parcs et jardins.
La période d’activité s’étend désormais bien au-delà du seul été. Les tiques sont actives du début du printemps à la fin de l’automne, et les hivers doux leur permettent de rester présentes presque toute l’année dans certaines régions. La protection ne doit donc pas s’arrêter aux beaux jours.
Sur l’animal, la tique cherche les zones où la peau est fine et facile d’accès : la tête, le tour des oreilles, le cou, les aisselles, l’aine et entre les doigts. Ce sont précisément ces endroits qu’il faut inspecter en priorité après chaque sortie. Un passage rapide des mains à rebrousse-poil suffit souvent à repérer une grosseur suspecte avant qu’elle n’ait eu le temps de transmettre quoi que ce soit.
Le bon réflexe : un protocole adapté à votre animal
Un chien de chasse, un chat qui sort et un petit chien de ville n’ont pas les mêmes besoins de protection. Le meilleur moyen d’éviter les maladies transmises par les tiques est d’établir avec votre vétérinaire un protocole sur mesure, dans le cadre d’un suivi de prévention régulier.
Notre équipe à La Chaussée vous conseille sur le choix de l’antiparasitaire, l’intérêt de la vaccination selon votre situation et les bons gestes à adopter au quotidien. N’hésitez pas à nous en parler lors de votre prochaine visite.