Diabete du chien et du chat : signes d'alerte et traitement

Diabete du chien et du chat : signes d'alerte et traitement

Le diabete touche de plus en plus de chiens et de chats, souvent en lien avec le surpoids. C’est une maladie chronique qui fait peur aux proprietaires, surtout a cause des injections d’insuline. Pourtant, avec un peu d’organisation, un animal diabetique mene une vie tout a fait normale. Encore faut-il reperer la maladie a temps.

Comprendre le diabete chez l’animal

Le diabete sucre est un dereglement de la gestion du sucre (glucose) dans le sang. Normalement, une hormone appelee insuline, produite par le pancreas, fait entrer le glucose dans les cellules pour leur fournir de l’energie. Chez l’animal diabetique, soit le pancreas ne produit plus assez d’insuline, soit l’organisme y devient insensible.

Resultat : le sucre s’accumule dans le sang au lieu de nourrir les cellules. Le corps, prive d’energie, se met a puiser dans ses reserves de graisse et de muscle. C’est pourquoi un animal diabetique maigrit alors qu’il a faim.

Chien et chat ne sont pas egaux face a cette maladie :

  • Chez le chien, le diabete ressemble au diabete de type 1 humain : le pancreas ne fabrique plus d’insuline, l’animal en dependra a vie. Les femelles non sterilisees sont plus exposees.
  • Chez le chat, il ressemble au type 2 : il est fortement lie au surpoids et a la sedentarite. Detecte tot et bien gere, un chat peut parfois entrer en remission et se passer d’insuline.

Les signes d’alerte a connaitre

Quatre symptomes reviennent presque toujours. On parle parfois des “4 P” en version simplifiee :

  • Soif excessive : l’animal vide sa gamelle d’eau et en redemande
  • Urines abondantes : il urine beaucoup, parfois la nuit ou en dehors de sa litiere ou de ses habitudes
  • Appetit augmente : il reclame plus que d’habitude
  • Amaigrissement : malgre cet appetit, il perd du poids

D’autres signes peuvent s’ajouter : poil terne, fatigue, infections urinaires a repetition. Chez le chat, une demarche anormale sur les jarrets (il marche “sur les talons”) est un signe assez specifique. Chez le chien, l’apparition rapide d’une cataracte (oeil qui devient blanc, bleute) est tres evocatrice.

Si vous remarquez que votre animal boit et urine beaucoup plus qu’avant, ne tardez pas. Ces signes peuvent aussi evoquer d’autres maladies, et seule une consultation veterinaire permettra de faire la part des choses.

Le diagnostic

Il repose sur une prise de sang et une analyse d’urine. Le veterinaire met en evidence un taux de glucose eleve dans le sang (hyperglycemie) et la presence de sucre dans les urines (glycosurie).

Chez le chat, une difficulte se pose : le stress de la consultation peut faire grimper la glycemie a lui seul. Pour eviter un faux diagnostic, le veterinaire dose souvent une autre valeur, la fructosamine, qui reflete la glycemie moyenne des deux a trois semaines precedentes. Un bilan complet est realise en parallele pour rechercher des maladies associees, frequentes chez l’animal age.

Le traitement au quotidien

L’insuline

Dans la majorite des cas, le traitement repose sur des injections d’insuline, generalement deux fois par jour, apres les repas. C’est l’etape qui inquiete le plus les proprietaires, et c’est aussi celle qui se revele la plus simple a apprivoiser.

Les injections se font sous la peau, avec une aiguille tres fine. La plupart des animaux ne sentent rien et continuent a manger pendant l’injection. Le veterinaire vous montre le geste et vous accompagne les premieres semaines. La regle d’or : des horaires reguliers, toujours en lien avec les repas, et ne jamais injecter d’insuline si l’animal n’a pas mange.

Le suivi de la glycemie

Trouver la bonne dose prend du temps. Dans les premieres semaines, des controles de glycemie sont necessaires, soit a la clinique, soit a domicile avec un petit lecteur. L’objectif n’est pas d’obtenir une glycemie parfaite, mais de faire disparaitre les symptomes (soif, urines, amaigrissement) sans provoquer d’hypoglycemie.

Le signe a connaitre absolument : une hypoglycemie (sucre trop bas) se traduit par une faiblesse, des tremblements, une demarche titubante, voire des convulsions. C’est une urgence : il faut frotter du miel ou du sirop sur les gencives et appeler immediatement le veterinaire. C’est l’un des signes qui justifient une prise en charge urgente.

Le role de l’alimentation

L’alimentation est un pilier du traitement, au meme titre que l’insuline :

  • Des repas a heures fixes, en quantite constante, pour eviter les variations de glycemie
  • Une alimentation adaptee : riche en proteines et pauvre en glucides pour le chat ; riche en fibres pour le chien
  • La lutte contre le surpoids, surtout chez le chat, ou la perte de poids favorise la remission
  • Pas de friandises sucrees ni de grignotage entre les repas

La sterilisation et la prevention

Chez la chienne, la sterilisation est fortement recommandee, car les hormones sexuelles perturbent l’action de l’insuline. Une femelle non sterilisee est tres difficile a equilibrer. C’est l’un des nombreux benefices de la sterilisation.

Cote prevention, le meilleur levier reste la lutte contre le surpoids. Un animal mince, qui bouge et mange equilibre, est bien moins expose. Un suivi regulier dans le cadre de la prevention permet aussi de detecter la maladie a ses debuts, quand elle est la plus facile a controler.

Un animal diabetique bien suivi vit des annees avec une excellente qualite de vie. La maladie demande de la rigueur et de la regularite, mais elle s’integre vite dans le quotidien. Le plus important est de ne pas ignorer les premiers signes : un chien ou un chat qui boit et urine beaucoup merite toujours un examen.